Depuis une vingtaine d’années, quelques classes du Collège accompagnent nos anciens et les autorités communales autour du monument aux morts, en souvenir des victimes des guerres mondiales. Cette année, nous commémorons le 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et la libération des camps, événements majeurs sur lesquels nos élèves de rhéto ont pu se pencher en janvier dernier, avec la visite de l’ancien fort de Breendonk et l’accueil de Paul Sobol, rescapé des camps. Cette année, la crise du COVID-19 ne nous a pas empêchés de nous souvenir, malgré l’absence physique de nos classes. Nous vous laisserons apprécier à leur juste valeur quelques photos des anciennes classes et un petit texte d’élève qui n’a pas pris une ride (2003).

« La visite que nous avons eu l’occasion de faire à Malines et à Breendonk fut pour le moins bouleversante. Il ne fut pas facile de circuler dans le fort de Breendonk dont chaque pièce, chaque mur me semblait avoir gardé en mémoire toutes ces souffrances. Cela a provoqué en moi un réel sentiment de malaise. Après cette immersion dans l’horreur, on se rend compte que l’homme est capable du meilleur comme du pire. C’est assez affolant de voir tout ce que nous, les humains, sommes capables de faire endurer à nos semblables. Je me suis demandée ce qui avait pu faire en sorte que des hommes puissent commettre de tels actes. Bizarrement, malgré la gravité de ces faits, je ne me sens pas en droit de juger ceux-ci car, n’ayant pas été à leur place, je ne peux pas savoir ce que j’aurais fait. Je ne peux m’empêcher de penser à la chanson de Jean-Jacques Goldman : « Né en 17 à Leidenstadt »… C’est en visitant des lieux comme Breendonk qu’on approche le mieux la réalité. Il faut voir ces horreurs pour éviter qu’ elles ne se reproduisent plus, même si je suis consciente que dans d’autres pays, aujourd’hui, des atrocités de ce genre sont commises tous les jours… »